Dans les Laurentides, les problèmes de construction ou de vice caché les plus fréquents sont la vermiculite, la fourmi charpentière, une mauvaise ventilation dans l’entre-toit, l'ocre ferreuse et souvent les clients me demande c'est quoi l'ocre ferreuse ?

L’ocre ferreuse est plus présente et fréquente dans les basses Laurentides, je dirais même pratiquement inexistante et du moins très rare dans les hautes Laurentides.

J’ai trouvé cette  explication sur le site de la RBQ(Régie du bâtiment du Québec)

 

L’ocre ferreuse est le résultat d’une réaction chimique ou d’un processus biologique, les deux pouvant se produire individuellement ou simultanément :
Réaction chimique : lorsque le sol contient du fer, celui-ci migre avec l’eau vers le drain et forme au contact de l’air une boue d’hydroxyde de fer.
Processus biologique : lorsque la ferrobactérie est présente dans la nappe phréatique, elle produit, à la suite de l’oxydation du fer au contact de l’air, une masse gélatineuse.

Lorsque le processus biologique vient s’ajouter à la réaction chimique, l’effet d’oxydation est considérablement augmenté.

Dans les deux cas, le résultat est la formation d’un dépôt visqueux sur les parois des drains rainurés. C’est ce dépôt que l’on nomme ocre ferreuse.

Comment l’ocre ferreuse se manifeste-t-elle?

Le développement de cette matière est plus probable dans un sol plus aéré, comme les sols sablonneux contenant du silt, et moins probable dans un sol argileux.

La réaction chimique ou biologique est également plus rapide :
là où le sol est plutôt neutre (pH d’environ 7)
lorsque le drain est rainuré
lorsque les ouvertures du drain sont poinçonnées au lieu d’être découpées, ce qui donne plus de prise aux dépôts
lorsque le drain est enveloppé d’une membrane filtrante.

Sous l’action de l’ocre ferreuse, même le gravier concassé perd ses propriétés filtrantes. Les sols riches en fer et en ferrobactérie produiront indéfiniment des dépôts ferreux.

Quelles sont les conséquences de la présence d’ocre ferreuse?

L’ocre ferreuse cause plusieurs problèmes touchant les bâtiments. En effet, elle :
fait apparaître des dépôts de boue gluante de couleur ocre dans le bassin de captation des eaux pluviales et dans les fossés
crée des dépôts rougeâtres sur la dalle de béton des sous-sols. Ces dépôts dégagent des odeurs rappelant le soufre
obstrue les drains agricoles : l’eau de ruissellement n’étant plus canalisée loin des fondations, elle s’infiltre dans les sous-sols, à la jonction des murs de fondation et de la dalle
obstrue les clapets anti-refoulement.

Peut-on éliminer l’ocre ferreuse ou empêcher le développement de la bactérie?

Le fer est présent naturellement dans le sol. Il est donc très difficile de l’éliminer. Même en remplaçant le sol au pourtour du bâtiment, le fer provenant des sols avoisinants migrerait à nouveau vers le drain de la propriété par ruissellement naturel de l’eau.

Pour empêcher le développement de la bactérie, il faudrait faire disparaître du sol les deux éléments naturels que sont l’eau et l’air, ce qui est impossible.
Il n’est donc pas envisageable d’empêcher la réaction chimique qui crée l’ocre ferreuse.

Comment prévenir l’ocre ferreuse et comment faire face à sa présence?

On peut prévenir l’ocre ferreuse avant ou après la construction.

Avant la construction

La vigilance est de mise s’il y a des signes précurseurs comme la présence, après une pluie, d’eau rougeâtre dans les fossés ou en surface.
Lors de la construction d’une propriété, il est recommandé d’effectuer auprès des voisins et de la municipalité une vérification des antécédents du secteur concernant le risque de formation d’ocre ferreuse.

Une évaluation des conditions actuelles devrait être réalisée avant de procéder à la construction. Cette évaluation, effectuée par un professionnel, établira :
le type de sol
le pH du sol
la présence de fer ou de ferrobactérie dans le sol
la variation annuelle du niveau de la nappe phréatique.

Le résultat de cette évaluation permettra à l’entrepreneur de construire le bâtiment en évitant les effets de la formation de l’ocre ferreuse.
Les adaptations peuvent toucher les éléments suivants :
le niveau de la dalle de béton du sous-sol, afin de la situer au-dessus de la nappe phréatique
le choix du drain agricole (diamètre, dimension et emplacements des ouvertures, composition)
l’emplacement de la membrane géotextile
le type de remblai granulaire.

Si l’emplacement de la construction demeure à risque, il est recommandé d’aménager deux cheminées de nettoyage afin de permettre le nettoyage du drain si nécessaire.

Après la construction

La vigilance est de mise s’il y a des signes précurseurs tels qu’un taux important d’humidité au sous-sol, une inondation récente ou la présence d’eau rougeâtre dans les fossés ou en surface après une pluie.

Les correctifs possibles à apporter aux bâtiments existants afin d’atténuer les symptômes de l’ocre ferreuse varient selon l’emplacement. Elles peuvent nécessiter :
la modification de la pente du terrain
le scellement à la jonction du mur de béton et de la dalle de béton
l’installation de cheminées de nettoyage
le drainage sous la dalle
l’installation d’un enduit hydrofuge
la pose d’une membrane d’étanchéité
le rehaussement de la dalle du sous-sol
la condamnation du sous-sol.

Quels sont vos recours?

La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) recommande aux nouveaux acheteurs ainsi qu’aux constructeurs de maisons de s’informer auprès de la municipalité afin de vérifier si l’emplacement de la future maison est propice à la formation d’ocre ferreuse. Le cas échéant, des mesures préventives pourront être prises.

La RBQ vous rappelle qu’on ne peut empêcher le processus de formation de l’ocre ferreuse. Elle recommande aux propriétaires aux prises avec ce problème de consulter un professionnel ou un entrepreneur détenant une licence appropriée, qui pourra en éviter ou en minimiser les effets.

https://www.rbq.gouv.qc.ca/citoyen/acheter-une-maison-neuve/problemes-particuliers/ocre-ferreuse.html

 

Par Maxime Pellerin
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